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"Succès sans précédent des écoles Steiner-Waldorf en Allemagne"


Extraits de l'article de Carsten Holm, "Das Ende der Exorzisten", paru dans le journal Allemend Spiegel 36/2004
Adaptation : Monique Jomotte

En Allemagne, près de 80.000 écoliers bénéficient d’un cadre scolaire agréable rappelant parfois les principes du Feng Shui : les écoles Waldorf allemandes sont aérées et chaleureuses, avec beaucoup de boiseries – rien à voir avec la triste architecture de nombreuses écoles publiques.
Jamais ces écoles privées, où le travail des élèves n’est pas noté jusqu’au collège et où l’on ne redouble pas, n’ont eu autant de succès qu’à cette rentrée scolaire 2004/2005. Le nombre d’inscriptions a augmenté d’un tiers, voire de la moitié dans certaines écoles – malgré des frais de scolarité mensuels s’élevant en moyenne à 125 euros par enfant. Vingt nouvelles écoles devraient voir le jour en Allemagne.

Pour Walter Hiller, président de la Fédération allemande des écoles Waldorf, « ce boom s’explique par les résultats de l’étude Pisa qui ont conforté notre vision des choses. Le système éducatif allemand souffre d’une certaine idéologie de l’homogénéité dans les classes, qui tend à exclure les faibles pour permettre aux plus forts d’avancer. Cette conception de l’éducation est aujourd’hui dépassée. »

Même des critiques de la pédagogie Waldorf comme Peter Struck, spécialiste des sciences de l’éducation, vont dans le même sens que W. Hiller. Les élèves scandinaves, c’est-à-dire ceux qui ont le mieux réussi les tests de l’étude Pisa, reçoivent dans le public un enseignement proche de la pédagogie Waldorf, pratiquée maintenant depuis quatre-vingts ans. En Scandinavie, les enfants restent dans le même groupe d’élèves pendant neuf années ; en Norvège et en Suède, pendant les huit premières années de leur scolarité (sept années au Danemark), le travail des élèves n’est pas noté et le redoublement est exclu. « La sélection tardive est le secret de la réussite des élèves en Scandinavie comme dans les écoles Waldorf », explique Peter Struck.

Le concept Waldorf fonctionne. Dans les écoles publiques de Hambourg, seuls trois écoliers sur dix réussissent leur examen de fin de cycle, contre six sur dix à l’école Waldorf de Hambourg-Farmsen. Peter Struck nuance ce succès par le fait que « les frais de scolarité entraînent une sélection sociale ».
Il est vrai que les professeurs Waldorf enseignent à une certaine élite. Ainsi, à l’école Waldorf de Berlin-ouest, 58 % des pères et 48% des mères possèdent un diplôme d’études supérieures – trois fois plus que la moyenne du Land.
Les élèves Waldorf sont de ce fait protégés des problèmes que connaissent les écoles publiques avec un fort pourcentage d’enfants étrangers. Pour Achim Leschinsky, le système Waldorf n’est ouvert à tous les enfants que sur le papier : « Il est à peine pensable que des parents d’origine turque y inscrivent les filles ».

Pourquoi alors autant de professeurs inscrivent-ils leurs enfants dans une école Waldorf – pourtant à l’opposé des lycées et « Realschulen »* ? Dorothea Dietrich, professeur de lycée dans une école intégrée de Hambourg, explique que « dans les écoles Waldorf, l’individualité des élèves est beaucoup mieux prise en compte que dans les écoles publiques ». Ses deux enfants ont fréquenté une école Waldorf et obtenu le baccalauréat. Tous deux ont étudié et présenté sur scène Faust de Goethe, étudié la poésie et la musique et appris à jouer d’un instrument. « Tout cela a eu un effet très positif sur leur développement physique et psychologique », conclut-elle.


* Terme spécifique, sans équivalent en français, désignant un établissement à vocation de formation professionnelle.

© Spiegel 2004


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