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Le grand récit de la pédagogie Steiner-Waldorf

APPRENDRE, C’EST ÊTRE VIVANT

L’enfant est la richesse de demain. C’est LUI, l’avenir. Ne le soumettons pas trop vite au monde d’aujourd’hui, mais cultivons ce qu’il amène de NEUF, d’unique, ses talents …pour qu’ensuite, adulte, il alimente notre futur à tous. Apprendre est donc une aventure, la DÉCOUVERTE COLLECTIVE D’UN TRÉSOR HUMAIN. Elle se vit à TROIS : élève, pédagogue, et parent.

Au DÉBUT de l’histoire, il y a la CONFIANCE. Confiance des pédagogues dans les capacités de l’enfant, parce que l’envie et le pouvoir d’apprendre sont NATURELS et PUISSANTS en chacun dès l’origine. Confiance des parents dans la capacité des pédagogues à apprendre EUX AUSSI, de ce qu’ils vivent avec les enfants. Confiance des enfants dans les cadres qu’on leur pose, parce que libérer leurs capacités, les éduquer À la liberté, ce n’est pas les éduquer DANS la liberté, les livrer à eux-mêmes. C’est se donner les limites qui libèrent, c’est fréquenter ensemble la plus grande école du monde : la vie et ses règles.

L’ANNÉE COMMENCE, et nous voilà, enfants, parents et pédagogues, en trio, plongeant notre école chaque jour dans le concret, le réel… qui n’est pas fait UNIQUEMENT de pages ou de pages-écran. Nous utilisons le papier et l’ordinateur, bien sûr, ET nous en DÉBORDONS aussi.
On apprend mieux ce dont on fait L’EXPÉRIENCE. Au-delà de la pâte à modeler, il peut y avoir mieux encore, la cire naturelle, que nos doigts chauffent pour l’attendrir, ou bien la pâte à pain, que nous tirons de la farine, et que nous cuirons après ; mieux que manipuler des gommettes, il y a les groseilles aussi, quand elles sont mûres dans la cour. Oui, nous avons souvent un potager.

Les JOURS passent, entre les semis et les récoltes ; l’importance de manger sain, nous la mettons en pratique. Nous avons parfois une menuiserie, parfois même une forge. Nous forgeons ainsi nos opinions. Au plus près du vrai. Nous expérimentons de sentir, d’observer, de constater. D’analyser. De déduire. De penser librement par soi-même. De vouloir. De s’exprimer, se connecter aux autres, notamment par l’art, et coopérer y compris dans d’autres langues, plusieurs langues, et ce dès les petites classes.

Les SEMAINES passent, nous montons collectivement beaucoup de concerts, de spectacles, de pièces de théâtre. Du jardin d’enfant au baccalauréat, nous encourageons l’action (et aussi la coopération), la recherche personnelle, l’élaboration de travaux, de projets très concrets. Les élèves aiment ça. Les adultes également. Nous valorisons ensemble, non seulement le résultat, mais aussi la démarche d’oser essayer, tenter des choses, quitte à apprendre de ses erreurs.

Les MOIS passent, nous les organisons en « périodes », séquences thématiques de plusieurs semaines. Ce sont autant d’aventures dans l’aventure, parce qu’on explore et ré-explore tous ensemble tel volet de la physique puis telle époque de l’histoire puis…
Entre ces périodes, nous aimons proposer des stages, des voyages.

Les ANNÉES passent, nous vivons encore les paliers de croissance de l’enfant. Nous célébrons les saisons, nous les fêtons même, mais n’y a-t-il pas des cycles naturels, pour les humains aussi ? On n’apprend pas pareil aux différentes heures de la journée, ni aux différents stades de la vie (quand – entre autres changements – on se débrouille enfin tout seul, dans les gestes de la vie quotidienne, ou quand on atteint la puberté). Alors, les professeurs et les parents guident l’enfant dans ces étapes, à la recherche de sens et de bonne santé pour lui – les deux vont de pair. Ils guettent ces mues en chacun, ils l’aident à s’en réjouir, à les incarner : c’est le grand intérêt du « plan scolaire », outil pédagogique unique en son genre. Puisqu’on apprend de tout son corps (ne dit-on pas compter sur ses doigts ?), nous tenons compte des temps du corps.

CHAQUE ANNÉE, nous vivons cette aventure que les écoles Steiner-Waldorf, par centaines, permettent dans le monde entier. Dans leur nom, elles portent encore celui de Rudolf Steiner, qui a initié leur apparition il y a cent ans, convaincu dès 1919 qu’il fallait réintroduire dans la pédagogie la dimension spirituelle de l’enfant. Cette dimension revient au premier plan aujourd’hui, via la méditation, l’intelligence émotionnelle, … nous travaillons cet héritage et le questionnons aussi. Parce qu’on n’a jamais fini d’apprendre. Et tant mieux : quel plaisir! L’enfant apprend au milieu d’adultes qui eux-mêmes apprennent.

ET AU FIL DE L’AVENTURE, pas à pas, chaque élève enseigne une chose précieuse aux adultes… SA VÉRITÉ PERSONNELLE. Cela inclut ses inspirations, ce qu’il trouve beau, ses sentiments, ses intuitions –dont les neurosciences valident pleinement l’importance aujourd’hui. Les pédagogues en tirent régulièrement ce que nous appelons un « portrait de l’enfant », en contrepoint du bulletin. Cet exercice, peu répandu ailleurs, compte parmi les plus instructifs : pour l’enseignant, qui prend le temps d’y travailler, pour les parents qui recoupent avec leur vécu, et pour l’enfant, qui se nourrit de ces regards sur lui. Cela développe en lui sa conscience de ses rythmes propres, de son individualité pour mieux prendre sa place dans le monde. Il apprivoise peu à peu ses formidables capacités de création, d’observation, de perception, de déduction, d’apprentissage, d’évolution, de plaisir, d’enthousiasme… LE TRÉSOR S’OUVRE, livre ce qu’il a de plus riche.

Enfants, parents, pédagogues, nous ne cherchons pas qu’une quantité de connaissances. Nous voulons une qualité d’être. Apprendre, c’est un moyen. On n’apprend pas seulement pour apprendre. On apprend à se connaître, s’apprécier soi-même, à devenir.

Voilà : apprendre, c’est être, à CHAQUE instant. Avec sa tête, ses mains, son cœur, avec tout ce qui nous constitue.

C’est en vivant qu’on apprend le MIEUX. Parce qu’apprendre, c’est ÊTRE VIVANT.