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Communiqué de la Fédération du 3 octobre 2019, La Fédération fait appel de la décision du TGI de Strasbourg, datée du 1er octobre 2019

La Fédération – Pédagogie Steiner-Waldorf a engagé une action en justice à l’encontre de M. Grégoire Perra fin décembre 2018. Cette action a donné suite à une audience le 9 juillet qui a abouti à un délibéré communiqué le 1er octobre. Celui-ci déboute les deux parties au procès (la Fédération et M. Perra) de leurs demandes. Le Tribunal a considéré que l’articulation des faits poursuivis par la Fédération n’était pas suffisamment précise pour lui permettre d’analyser s’il y avait eu diffamation ou pas. Il a également rejeté les demandes reconventionnelles de M. Perra qui souhaitait obtenir des dommages-intérêts exorbitants, et n’a nullement reconnu sa bonne foi. La pertinence de l’action en justice conduite par la Fédération n’est ainsi pas remise en cause. Contrairement au TGI de Paris dans l’affaire qui opposait la Fédération à l’Unadfi en 2013, le TGI de Strasbourg a, étrangement, estimé que les propos relatifs à l’endoctrinement des élèves manquaient de précisions factuelles pour lui permettre de rentrer en voie de condamnation.

Suite à cette décision, qui ne condamne ni la Fédération ni M. Perra, et qui ne reconnaît aucune bonne foi à ce dernier, celui-ci se permet maintenant de renforcer son propos et de parler ouvertement de « secte » dans une interview donnée le lendemain du jugement au journal Le Point. Bien que l’ensemble de ses déclarations repose sur des argumentations fallacieuses et soit en contradiction avec l’opinion de la majorité des parents et des anciens élèves, bien qu’il occulte la recherche universitaire réalisée sur le sujet, qui montre la pertinence de la pédagogie Steiner-Waldorf et ses résultats, il est relayé dans certains médias qui portent ainsi un lourd préjudice à l’image de nos écoles. Ce manque de discernement de certains journalistes est attristant.

Nous restons dans l’incompréhension qu’une pédagogie fondée sur la liberté et le développement de la créativité, l’empathie et l’autonomie puisse encore être accusée publiquement de sectarisme et de « danger pour la société ». La grande majorité de ceux qui connaissent bien cette pédagogie sait que ces accusations sont infondées. Les nombreux contrôles réalisés dans les années 2000 par l’Éducation nationale ont abouti à une conclusion explicite, exprimée par le ministre de l’Education Jack Lang : « les contrôles diligentés par l’inspecteur général Daniel Groscolas n’ont pas révélé de pratiques à caractère sectaire. » Les rumeurs ont visiblement la vie dure, et il est vraiment regrettable que de telles contre-vérités puissent être diffusées dans l’espace public à l’encontre d’un contributeur du changement auquel toute la société contemporaine aspire : plus de liberté, de sensibilité, d’autonomie, de créativité et de confiance.

« Il y a exactement cent ans, quasi à l’heure près, à quelques pas d’ici, une des idées éducatives allemandes les plus étonnantes et les plus couronnées de succès du siècle passé a vu le jour. » C’est ainsi que s’exprimait Winfried Kretschmann, ministre-président écologiste du Bade-Wurtemberg, le 7 septembre dernier lors de la fête du centenaire de la première école Waldorf à Stuttgart. Winfried Kretschmann a fait l’éloge d’une école Waldorf qui « n’est pas l’école d’une conception du monde mais une méthode d’enseignement concevant l’être humain de manière globale » ainsi qu’une « haute école de l’empathie ». Fritz Kuhn, maire de Stuttgart, a poursuivi: « Nous pouvons être fiers des conquêtes sociales et pédagogiques qui ont rayonné de la Uhlandshöhe.» (la Uhlandshöhe est la colline où se trouve l’école Waldorf à Stuttgart). Le maire de Stuttgart considère que l’idée Waldorf est « un levain dans la pâte réformatrice des écoles d’État, et elle doit le rester. »

La pédagogie Steiner-Waldorf est accusée par M. Perra de vouloir « infiltrer » la société, mais nos écoles veillent bien évidemment à travailler en transparence et main dans la main avec les services publics. Et n’est-il pas légitime de vouloir contribuer au développement collectif, de s’engager pour un monde meilleur, surtout quand une expérience de 100 années et les recherches universitaires ont pu démontrer la pertinence de l’approche que l’on propose ? Les établissements Steiner-Waldorf se comprennent comme des acteurs du monde culturel et éducatif, dans le total respect de la liberté individuelle, parmi une diversité d’approches. Le simple fait de se fonder sur un courant philosophique non-matérialiste ne devrait en aucun cas suffire à les qualifier de sectaires.

Les déclarations et rumeurs qui circulent aujourd’hui en France rappellent la stigmatisation d’un groupe ou d’une communauté propre aux périodes les plus sombres de notre pays. Ces méthodes usent de la même sémantique : de l’accusation en duplicité à celle de complot au sein de l’État, et peuvent même être considérées comme de l’incitation à la haine. Rappelons ici l’histoire, entre autres, des huguenots, des jansénistes ou la rhétorique de Charles Maurras. Compte tenu du danger d’ostracisation et des préjudices que cette stigmatisation militante, opérée par M. Perra et les réseaux qui le soutiennent, inflige aux écoles Steiner-Waldorf, la Fédération ressent le devoir de faire appel à la justice dans l’espoir d’être reconnue comme victime de diffamation. Pour protéger ses établissements et leurs équipes, la Fédération a donc pris la décision de conduire le dossier devant la Cour d’appel de Colmar afin que les faits soient de nouveau jugés.