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L’éducation dans le monde digital

Charte du Forum International du Mouvement de la Pédagogie Waldorf (Cercle de la Haye)

Les médias ont toujours contribué au développement de la conscience et à la culture des êtres humains. Qu’elle apparaisse sous forme orale, écrite ou encore comme un enchaînement de pensées mathématiques (algorithme), la pédagogie des médias est à cet égard une composante élémentaire traditionnelle de la formation scolaire.

Aujourd’hui, les technologies numériques imprègnent notre quotidien et le configurent. Cela représente un défi nouveau pour la société, et avant tout pour l’éducation et la formation. Les intérêts économiques menacent de noyauter les débats sur la formation dont les enfants et les jeunes ont besoin pour vivre dans le monde numérique.

Seule une pédagogie orientée sur le développement de l’enfant, est en mesure de poser les fondements permettant un usage autonome créatif et efficace des médias modernes. Pour cette raison nous avons besoin de disposer d’un cadre dans lequel, les principes suivants pourraient être mis en œuvre.

  1. La maturité médiatique est un objectif d’importance majeure pour l’éducation qui ne peut être atteint que par une pédagogie qui cherche à faire émerger la dimension autonome de la personnalité de l’enfant.
  2. Une pédagogie des médias soucieuse de ses responsabilités, prend en compte aussi bien les vertus que les risques et les défis éthiques inhérents à leur utilisation. Elle se donne comme objectif d’ancrer l’enfant en lui-même et dans le monde de sorte qu’il apprenne à utiliser les médias de façon autonome et réfléchie.
  3. Une formation scolaire bienfaisante et visant le long terme, encourage à faire prioritairement des expériences individuelles directes dans le social et dans le monde qui soient variées, sans intermédiaire et mettent en œuvre tous les sens.
  4. Une pédagogie des médias orientée sur le développement de l’enfant commence tout d’abord par renforcer les compétences relevant du social, de la communication et des facultés intellectuelles de l’enfant (pédagogie des médias indirecte), puis dans un deuxième temps, elle construit sur cette base des facultés et des compétences liées à l’utilisation des médias (pédagogie des médias directe)
  5. Un plan scolaire de la pédagogie des médias tel que le défend la pédagogie Waldorf, orienté sur le développement de l’enfant, commence au jardin d’enfant et dans l’école primaire par mettre l’accent principal d’une part, sur les expériences primaires réelles et d’autre part, sur la maîtrise des médias analogiques comme l’écriture manuscrite par exemple. C’est sur cette base que, dans les classes supérieures, un travail actif sur les médias à l’aide d’outils informatiques, pourra stimuler une utilisation des médias réfléchie et ancrée dans la réflexion personnelle.
  6. Les jardins d’enfants comme les écoles doivent pouvoir décider avec la plus grande autonomie possible de la conception et de la mise en place de leur pédagogie des médias. C’est pourquoi il faut garantir, dans les premières années d’école, le droit et la possibilité de travailler exclusivement avec des médias analogiques. À partir des classes moyennes, les écoles doivent être soutenues pour s’équiper d’appareils informatiques modernes, ceci afin qu’elles puissent développer un processus éducatif de formation à l’utilisation des médias.
  7. La formation et la pédagogie sont au service de l’émancipation individuelle. Les intérêts économiques et plus particulièrement commerciaux, ne doivent pas déterminer le système éducatif.
  8. La civilisation numérique apporte avec elle de nouveaux défis concernant la protection de la liberté et de la dignité des personnes. C’est pour cette raison que dans les écoles, dès le début des classes moyennes, on doit se confronter au mode de fonctionnement des algorithmes, à la protection des données, aux droits d’utilisation en rapport avec la propriété intellectuelle, aux risques de manipulations commerciales, tout particulièrement lors de la communication de données personnelles, d’informations et d’images, On doit aussi s’initier à des pratiques respectueuses de la dignité et de la vie privée d’autrui.
  9. Les médias modernes autorisent de nouvelles formes de communication, de nouvelles possibilités créatives et artistiques, tout comme des activités entrepreneuriales nouvelles. Cette utilisation productive qui se construit sur la collecte et l’échange d’informations doit être mise en œuvre à l’école par le biais de projets dans lesquels les idées directrices peuvent être testées et évaluées individuellement et en équipe.
  10. Les médias modernes soulèvent des questions éthiques et épistémologiques qui, entre autres concernent l’importance des rencontres humaines, la relation concrète au monde environnant, aux références factuelles sur quoi l’on appuie les choses que l’on affirme et les jugements que l’on porte, à la responsabilité individuelle, au transhumanisme, à la protection de la vie privée, et à la marge de choix pour la mesure dans laquelle on veut prendre part à la civilisation numérique. C’est ainsi que dans les grandes classes, l’utilisation des médias au même titre que les opportunités et les risques amenés par la numérisation de l’ensemble des domaines de notre civilisation, constituent des thèmes méritant d’être traités à un niveau supérieur dans notre enseignement.

Commentaires :

A propos de 1 : La maturité médiatique est un objectif d’importance majeure pour l’éducation qui ne peut être atteint que par une pédagogie qui cherche à faire émerger la dimension autonome de la personnalité de l’enfant.

Le consensus est général dans toutes les pédagogies modernes sur l’objectif déclaré de faire en sorte qu’à la fin de leur scolarité, les enfants soient à la hauteur des exigences du monde en matière numérique. Ce sur quoi il faut discuter intensivement, c’est sur la méthode grâce à laquelle l’objectif de cette maturité médiatique peut être atteint. La première des conditions essentielles que nous voyons pour rendre possible une utilisation responsable des médias, c’est de poser les bases d’un sain développement du corps et de l’âme de chaque enfant, de façon à ce que soient installés les fondements d’une vie orientée vers l’action personnellement gérée et en conséquence souveraine dans l’utilisation des médias.

A propos de 2 : Une pédagogie des médias soucieuse de ses responsabilités, prend en compte aussi bien les vertus que les risques et les défis éthiques inhérents à leur utilisation. Elle se donne comme objectif d’ancrer l’enfant en lui-même et dans le monde de sorte qu’il apprenne à utiliser les médias de façon autonome et réfléchie.

Les technologies numériques sont les enfants terribles d’un grand progrès de l’humanité. Leur potentiel est loin d’être épuisé. Elles marqueront fortement le 21esiècle. C’est pourquoi les effets secondaires préoccupants et néfastes comme la perte des repères réels, les addictions au virtuel, les manipulations, les pertes de dignité et l’autisme social, doivent être regardés et pris en compte dans la conception de la pédagogie des médias. Les risques inhérents à l’utilisation des médias sont d’autant plus grands que les enfants sont jeunes et inexpérimentés. Les écrans sont souvent des « outils chronophages » car ils privent l’enfant du temps à consacrer à des activités individuelles importantes pour lui, et ils entravent de ce fait la formation de sa capacité à se débrouiller dans le monde réel.

Les expériences de limites et les conséquences objectives dans le temps et dans l’espace sont des données constitutives de toutes les expériences que fait le Je. Tout comme on ne peut pas manger à sa faim dans l’espace virtuel, l’enfant n’est pas en mesure, dans une confrontation avec le monde des écrans, de mener à bien une maturation saine au plan corporel, et nourrissante en terme d’expérience au plan mental. Un renforcement global de sa personnalité est la condition nécessaire à l’utilisation autonome et éthiquement responsable des médias numériques.

A propos de 3 : Une formation scolaire bienfaisante et visant le long terme, encourage à faire prioritairement des expériences individuelles directes dans le social et dans le monde qui soient variées, sans intermédiaire et mettent en œuvre tous les sens.

La pédagogie des médias indirecte édifie des capacités importantes pour notre époque des techniques numériques : la concentration, les perceptions différenciées, l’autodiscipline, la capacité d’initiative, et avant tout, une culture générale qui permet d’intégrer les informations au sein d’un savoir. Ces capacités ne se développent que dans une relation directe du je avec le monde. Au vu de l’accroissement du cyber-harcèlement, il est essentiel, au plan pédagogique de proposer à l’enfant des espaces de vie réels dans lesquels il peut entretenir des relations respectueuses et attentives avec d’autres êtres humains. Au vu des défis écologiques actuels, il est important pour les enfants d’offrir des champs d’expériences sensorielles directes avec leur environnement terrestre, car ce n’est que par là qu’il devient pour l‘homme, quelque chose qui mérite d’être protégé.

A propos de 4 : Une pédagogie des médias orientée sur le développement de l’enfant commence tout d’abord par renforcer les compétences relevant du social, de la communication et des facultés intellectuelles de l’enfant (pédagogie des médias indirecte), puis dans un deuxième temps, elle construit sur cette base des facultés et des compétences liées à l’utilisation des médias (pédagogie des médias directe)

Cette pédagogie indirecte construit des compétences sociales, communicationnelles et écologiques qui sont particulièrement nécessaires à notre époque de réseaux de communication numérique. Elle met en place les préalables nécessaires à une utilisation ciblée des médias numériques pour faire face aux problèmes techniques, sociaux et écologiques.

Quant à la pédagogie directe des médias, elle vise de son côté à intégrer les médias numériques dans les processus de formation scolaire, ce qui signifie qu’à côté de l’utilisation extrascolaire des médias et de ses deux pôles principaux que sont les divertissements et la communication, elle vise à installer leur usage ciblé pour ce qui concerne la recherche d’informations, l’organisation et l’interactivité. D’un autre côté, la pédagogie directe des médias doit rendre attentifs les élèves au fait que les images et les propos issus des réseaux numériques ne doivent pas faire l’objet d’une confiance naïve, qu’on ne peut pas contrôler l’utilisation des informations révélées sur le net, et qu’on ne doit pas utiliser les médias en vue de blesser ou de manipuler les personnes.

A propos de 5 : Un plan scolaire de la pédagogie des médias tel que le défend la pédagogie Waldorf, orienté sur le développement de l’enfant, commence au jardin d’enfant et dans l’école primaire par mettre l’accent principal d’une part, sur les expériences primaires réelles et d’autre part, sur la maîtrise des médias analogiques comme l’écriture manuscrite par exemple. C’est sur cette base que, dans les classes supérieures, un travail actif sur les médias à l’aide d’outils informatiques, pourra stimuler une utilisation des médias réfléchie et ancrée dans la réflexion personnelle.

Une pédagogie des médias orientée sur le développement de l’enfant stimule dans la période pré-scolaire, des expériences primaires, et utilise tout d’abord des techniques analogiques. Le développement du corps, des motricités fine et globale, du langage, le développement des sens, en d’autres termes, la motricité liée à l’activité sensorielle, représentent, jusqu’à l’âge de 8 ans les tâches centrales de développement de l’enfant. La maîtrise corporelle qui s’amplifie se prolonge dans l’organisation des structures du cerveau. Un développement sain du cerveau présuppose une expérience diversifiée avec le monde, avec tous les sens autant qu’à travers l’implication volontaire. À partir de la 12eannée, la pensée s’oriente vers la logique, devient formellement opérative, et de ce fait, la stimulation d’une compréhension plus profonde des procédés et des appareils numériques, plus particulièrement des modes de fonctionnement fondamentaux des technologies de l’information, prend du sens au plan pédagogique. Les premiers fondements sont, au début, transmissibles sans utilisation d’appareils numériques (par exemple des ordinateurs non-connectés), ce qui veut dire qu’on n’a besoin ni d’Ipad, ni de terminaux électroniques pour comprendre des algorithmes. La pensée « informatique » peut être tout d’abord développée sur un mode analogique. Le matériel informatique et les logiciels pourront être mis en œuvre lorsque les conditions intellectuelles et éthiques auront été constituées, afin que ces derniers puissent être utilisés au quotidien, de façon globale, créative et ciblée. C’est ainsi que les outils informatiques doivent être intégrés dans un concept pédagogique pertinent. Les adolescents doivent préférentiellement avoir la possibilité d’utiliser les médias de façon active, par exemple en produisant eux-mêmes des films vidéo, en concevant des pages web, en publiant des textes en ligne, ou encore en produisant une émission de radio sur un thème scolaire tout en intégrant des informations et des processus cognitifs. À partir de 16 ans, les adolescents sont capables de penser et d’agir à partir d’eux-mêmes. La maturité médiatique sera développée sur ces fondements, en interrogeant et sondant les questions du rapport de l’homme avec l’intelligence artificielle, c’est-à-dire les questions autour du transhumanisme, la différenciation des plans de communication, les responsabilités liées à la diffusion, l’organisation de la société.

A propos de 6 : Les jardins d’enfants comme les écoles doivent pouvoir décider avec la plus grande autonomie possible de la conception et de la mise en place de leur pédagogie des médias. C’est pourquoi il faut garantir, dans les premières années d’école, le droit et la possibilité de travailler exclusivement avec des médias analogiques. À partir des classes moyennes, les écoles doivent être soutenues pour s’équiper d’appareils informatiques modernes, ceci afin qu’elles puissent développer un processus éducatif de formation à l’utilisation des médias.

Afin qu’une utilisation des médias responsable, réfléchie et autonome puisse être mise en place dans la forme qui vient d’être esquissée, la politique éducative doit garantir que l’utilisation de médias digitaux dans les phases de la petite enfance et du l’école primaire ne soit pas rendue obligatoire. La focalisation des discussions actuelles sur les technologies numériques fait oublier que la maîtrise des « anciens médias », et avant tout de l’écriture, constitue une condition impérative pour le maniement responsable des technologies numériques de l’information. La pédagogie des médias commence aujourd’hui encore par l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, car la maîtrise de l’écriture représente la condition de base sur laquelle toutes les autres maturités médiatiques se construisent. Les pratiques numériques prennent de plus en plus le pas sur les pratiques analogiques. Dans ce contexte, les concepts fondamentaux des anciennes technologies, sont fréquemment reportés sur les technologies numériques. C’est pourquoi la compréhension des technologies analogiques reste essentielle pour que leur élargissement par les technologies numériques puisse rester accessible. Plutôt que de commencer par se doter d’outils numériques, nous demandons prioritairement des fonds publics pour investir dans une bonne formation des pédagogues et dans l’aménagement de jardins d’enfants et d’écoles adaptées aux enfants. En outre, nous demandons de bonnes offres de formations continues destinées à renforcer les compétences informatiques des pédagogues et des parents, afin qu’ils deviennent eux-mêmes des utilisateurs exemplaires de ces technologies. Il faut juguler ce non-sens consistant à attribuer plus d’argent qu’il n’en faut pour les équipements informatiques, alors qu’il n’y a pas de fonds pour rénover des locaux scolaires vétustes. Les nécessaires dotations techniques en outils informatiques qui à partir des classes moyennes sont financées par les pouvoirs publics, sont à mettre en balance avec le souci d’une infrastructure pédagogique convenable dont les bâtiments, les espaces, mais aussi une juste dotation en personnel pédagogique sont des éléments constitutifs.

A propos de 7 : La formation et la pédagogie sont au service de l’émancipation individuelle. Les intérêts économiques et plus particulièrement commerciaux, ne doivent pas déterminer le système éducatif.

Les objectifs en dotations informatiques des maternelles et des écoles ne sont en aucun cas exclusivement liés à des considérations éducatives ou à un souci de l’avenir de la société. Ils sont sans aucun doute déterminés aussi par des intérêts commerciaux. Une utilisation des médias critique, non-consumériste et de pleine autonomie, n’a rien à voir avec les intérêts économiques, mais avec le souci de l’émancipation des personnes. Elle ne peut s’édifier que si, au plan politique, un protocole de protection de l’espace pédagogique vient garantir sa mise à l’abri de l’influence de ceux qui font commerce des technologies et des réseaux numériques. La pédagogie Waldorf, soucieuse d’encourager l’individualisation, voit le renforcement de la liberté d’enseigner comme un préalable au renouveau de la société à travers l’initiative, la créativité et la responsabilité sociale des individus.

A propos de 8 : La civilisation numérique apporte avec elle de nouveaux défis concernant la protection de la liberté et de la dignité des personnes. C’est pour cette raison que dans les écoles, dès le début des classes moyennes, on doit se confronter au mode de fonctionnement des algorithmes, à la protection des données, aux droits d’utilisation en rapport avec la propriété intellectuelle, aux risques de manipulations commerciales, tout particulièrement lors de la communication de données personnelles, d’informations et d’images, On doit aussi s’initier à des pratiques respectueuses de la dignité et de la vie privée d’autrui.

La préoccupation principale d’une pédagogie des médias visant l’autonomie individuelle doit être de soumettre les dimensions techniques et sociétales des médias numériques au souci du bien commun ainsi qu’à une réflexion critique et consciente des problèmes concernant leur utilisation pour le futur. Cela implique qu’à côté d’une formation théorique, orientée vers la connaissance, on fasse place aussi à des expériences pratiques. C’est à partir de la réflexion et de l’expérience que peuvent être générées la vigilance et la sensibilité nécessaires vis-à-vis des menaces qui pèsent sur la vie privée et touchent à protection des personnes, et que peuvent aussi s’ouvrir des perspectives pour un développement futur d’une civilisation numérique soucieuse du bien commun.

A propos de 9 : Les médias modernes autorisent de nouvelles formes de communication, de nouvelles possibilités créatives et artistiques, tout comme des activités entrepreneuriales nouvelles. Cette utilisation productive qui se construit sur la collecte et l’échange d’informations doit être mise en œuvre à l’école par le biais de projets dans lesquels les idées directrices peuvent être testées et évaluées individuellement et en équipe.

Les écoles doivent redoubler d’efforts pour initier les élèves, filles comme garçons, à l’utilisation productive et active des médias numériques. À cet effet, il convient en particulier de prendre en compte les formes nouvelles définissant le travail en équipe, la production collaborative, les échanges et la documentation. L’éducation aux médias peut ainsi s’étendre dans le cadre de projets, par exemple la production de films ou de pièces radiophoniques ou encore le développement de programmes ou d’applications informatiques. Il ne s’agit pas ici d’utiliser simplement des logiciels d’apprentissage, mais de concevoir la création autonome elle-même en tant que chemin d’apprentissage. Pour cette tâche éducative et pour les montages qu’elle nécessite, les écoles ont besoin d’un soutien en ressources en termes de matériel et de personnel.

A propos de 10 : Les médias modernes soulèvent des questions éthiques et épistémologiques qui, entre autres concernent l’importance des rencontres humaines, la relation concrète au monde environnant, aux références factuelles sur quoi l’on appuie les choses que l’on affirme et les jugements que l’on porte, à la responsabilité individuelle, au transhumanisme, à la protection de la vie privée, et à la marge de choix pour la mesure dans laquelle on veut prendre part à la civilisation numérique. C’est ainsi que dans les grandes classes, l’utilisation des médias au même titre que les opportunités et les risques amenés par la numérisation de l’ensemble des domaines de notre civilisation, constituent des thèmes méritant d’être traités à un niveau supérieur dans notre enseignement.

Le développement de l’individualité est au centre de la pédagogie Waldorf. L’autonomie correspondante de la personne, est basée sur sa faculté d’introspection et sur sa capacité à réfléchir au contexte environnant. La civilisation numérique fait peser une menace potentielle sur la dignité humaine, la sphère privée, la capacité à la décision libre, et à la construction des opinions personnelles. Elle exige de nouvelles règles du jeu pour la société qui rendent possible l’existence humaine dans de nouvelles dimensions notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des normes.

En d’autres termes : la civilisation numérique a besoin d’être façonnée. Les discussions qui s’imposent pour réaliser cela doivent inclure le domaine de la formation et doivent être amorcées dans les écoles par les jeunes qui sont en train de grandir dans ce monde.